A long stretch of headlights bends into i-9
Tiptoe into truck stops
And sleepy diesel eyes
Volcanoes rumble in the taxi
And glow in the dark
Camels in the driver′s seat
A slow, easy mark
But you ran out of gas
Down the road a piece
And then the battery went dead
And now the cable won't reach…
It′s your last chance
To check under the hood
Your last chance
She ain't soundin' too good
Your last chance
To trust the man with the star
You′ve found the last chance Texaco
The last chance!
Well, he tried to be Standard
He tried to be Mobil
You tried living in a world and in a shell
There was this block-busted blonde
He loved her free parts of labor
But she broke down and died
She threw all the rods that he gave her
Oh, but this one ain't fuel-injected
Her plug is disconnected
She gets scared and she stalls
She just needs a man, that′s all
It's her last chance!
Her timing′s all wrong
Her last chance
She can't idle this long!
Her last chance
Turn her over and go!
Pullin′ out of the last chance Texaco
The last chance
Cette chanson de Rickie Lee Jones
peut paraître déconcertante à la première écoute. Il est vrai que le temps a
passé depuis 1979 et si certaines enseignes de station-service sur les routes
nous sont encore familières (Shell, Mobil…), le monde a bien changé et les
relais routiers ne sont plus ce qu’ils étaient. Cette œuvre est si originale –
par son rythme imprévisible, par l’absence assumée de rimes, par une
progression d’accords inédite, par la voix dont les modulations reproduisent
accélérations, freinages, virages – qu’il faut la réécouter pour entrer dans un
univers musical et métaphorique fascinant où la mécanique automobile et sesdéfaillances illustrent les tribulations sentimentales et affectives, la
déchéance, l’échec, l’extinction de l’espoir : Un cœur à la dérive,
l’espoir d’être (re)cueillie par un homme qui, cependant, ne fait que passer,
pour qui ce ne serait qu’une aventure parmi d’autres, et qui hésite devant ce
qui lui semble n’être qu’une épave humaine… Si cette chanson ne fut pas le plus
grand succès de Rickie Lee Jones, elle est néanmoins très représentative de son
art et de sa personnalité, et elle en a repris récemment le titre comme
intitulé de son livre de mémoires (Last Chance Texaco – Chronicles of anAmerican Troubadour).
A Hélène
Dernière Chance Texaco
Une longue file de phares serpente sur la i-9
Il se glisse dans le relais
Les yeux « diesel » mi-clos
Des volcans grondent dans le taxi, luisent, dans le noir
Des Camel sur le siège avant
Une proie facile
Mais tu es en panne sèche
Sur la route – La casse
Et puis la batterie est morte
Le foutu câble est trop court
Ta dernière chance
De voir sous le capot
Ta dernière chance
Elle n’est pas en pleine forme
Ta dernière chance
Te fier à l’homme à l’étoile
C’est ta dernière chance Texaco
Dernière chance !
Bon, il s’est fait Standard
Il s’est fait Mobil
Il s’est essayé au monde
Et sa coquille
Il y a eu cette bombe blonde
Il aimait ses p’tites gâteries mais
Elle a cassé et crevé
Jeté les bielles qu’il lui a filées
Oh, mais celle-ci est sans injection
Et sa prise est débranchée
Elle a la trouille et elle cale
Il lui faut un mec, c’est tout
Sa dernière chance
Retard d’allumage
Dernière chance
Au point-mort si longtemps
Dernière chance
Laisse-la tomber, tire-toi
Laisse passer la dernière chance Texaco
Dernière chance
Traduction - Adaptation : Polyphrène (sur une suggestion et avec l'aide de Michaël Midoun)